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Témoignage de la Chercheuse de Job amoureuse

 

Où es-tu mon Job chéri ?

 

Mon cœur, c’est la Saint-Valentin et je te cherche, encore et toujours ! Proactive, comme on me l’a appris lors de nombreuses mesures qui m’ont été proposées par l’ORP/OCE, je te cherche avec application. Mon cœur : mon Job, j’ai faim et soif de toi, tu le sais, tu le sens, tu ne peux ignorer mes efforts pour te retrouver. Même en ce jour des amoureux, des couples, des duos qui vont ensemble, … bref ce jour de celles et ceux qui ont des choses à se dire ; un peu comme toi et moi. Dans mon cœur tu n’es plus un simple nom commun écrit en minuscule. Tu es devenu central … tu es bien écrit en majuscule ! Et moi, la Chercheuse, j’adore ce petit nom que tu me donnes, c’est plus flatteur que chômeuse, ce sobriquet que me colle trop vite la société.

 

Bébé d’amour, avec toi, je vois la vie en rose. Je me sens vivre, je me réalise. En ta présence, j’ai un but, une raison de me lever tôt. Quand on est ensemble ,je me dépense sans compter et je rentre, certes fatiguée, mais avec ce petit sourire de celle qui a accompli une mission, qui a apporté sa pierre à l’édifice. Avec toi, je vis une cohérence, un cercle vertueux. Faire du sport pour être en forme à nos RDV fait partie de mes routines. Consommer local devient mon acte écologique et économique. Et une liesse me vient quand je deviens philanthrope ! Même en petit, ce geste tradition de notre pays me donne le sentiment d’être utile.

Chéri, viens, reviens, je ne sais même plus comment le dire. Ton absence me rend dingue, je vacille. Même les enfants te réclament, mon amour ! Ils lisent ma tristesse, constatent la lassitude qui me gagne, déplorent mes sautes d’humeur. Ils disent que je suis devenue radine … et c’est vrai ! Cadeaux et sorties se négocient au « pas cher ». Dans un geste désespéré, je les ai même désinscrits du cinéma « la Lanterne Magique » ! C’était le geste de trop, j’entends encore leurs sanglots. Alors je me suis dit qu’il fallait leur expliquer, la situation, être pédagogue. Résultat, un régime aux œufs, des projets annulés ou remis à plus tard. J’ai reporté celui de refaire le tour des cantons afin d’admirer la beauté de notre pays ! J’ai vu s’éteindre les yeux de la petite dernière qui attendait cette balade dans nos beaux trains-trams-bus ! Quand j’ai dû résilier mes virements automatiques aux petites associations, j’ai senti un vide. On a beau me rassurer, je refuse ce célibat imposé. Job, vivre sans toi alors que j’ai la volonté et les compétences c’est vivre déconnectée, décalée.

 

Mon prince, ta place est là tu sais ! Pour te retrouver l’ORP m’a proposé un plan mensuel : 10 recherches minimales à envoyer ! Je m’y suis pliée soigneusement. Une autre belle illusion ! Les mêmes gens ont parlé de l’efficacité du bouche-à-oreille. Alors, j’ai pris mon bâton de pèlerin et j’ai poussé les portes des agences de placement. En vain. A croire que je cherche un fantôme ! Heureusement que j’ai des certificats de preuve de notre vie commune passée ! J’inonde mon entourage de mes cris d’espoir et de désespoir. Certains me disent de lâcher prise, d’apprendre à vivre sans toi, que tu reviendras au bon moment. Moi je dis non ! Quand on aime, on persévère. Je te chercherais jusqu’à l’âge de la retraite. Je suis prête à faire des concessions mon cœur. Si le CDI c’est trop demander, je t’accueillerai en CDD, CDM, … partiel… mais viens chouchou !

 

Job, j’ai essayé de comprendre ton absence. J’ai eu des soupçons sur tes infidélités ! Allez voir ailleurs pour moins cher. Mais quelle fausse bonne idée ! Oui, mon coeur, je suis jalouse mais surtout déçue par celles et ceux qui te laissent vivre cette illusion. En vrai, tu blesses tout le monde. Moi, les enfants, ta famille, ta région et ton pays. J’accuse le contexte et les pratiques peu citoyennes qui te laissent détruire le socle du tissu social, scier la branche qui te porte.

 

Mon Job, excuse-moi, mon Job attendu, je m’emporte. Ça doit être la fièvre de ce RDV des amoureux, des amants et tous les duos qui ont des choses à se dire ; comme toi et moi.

Je te cherche et je ne baisserais pas les bras. De 18 à 65 ans, je te chercherais. Je t’aime mon Job !

Bonne Saint-Valentin.

Témoignage d'Alain Jaquet, 58 ans, Membre du Comité 50etplus


Ma venue à 50etplus est liée à ma situation de réinsertion professionnelle début 2024, dans le cadre d’un accompagnement AI via le programme Ressort. Mais ce parcours a commencé bien plus tôt, avec un système managérial devenu progressivement inhumain.

 

J’ai débuté aux PTT en 1989 comme téléopérateur à Lausanne. Ma carrière a évolué : service international, assistance technique, puis téléphonie mobile avec l’explosion du marché. J’ai été coach pratique et de plus on m’a nommé Tuteur de Milice à l’Etat de Vaud, fonction à l’époque qui était obligatoire pour les Vaudois. Dès le passage à Swisscom, la pression a augmenté, notamment après le suicide du CEO en 2013. Productivité, objectifs chiffrés, compétitions internes : tout s’est déshumanisé.

 

En 2015, je suis licencié sous forme d’un prétendu plan de reconversion. Mais le suivi est inexistant, et je me retrouve au chômage. S’ensuit un enchaînement de mesures mal adaptées, une tentative d’orientation vers la sécurité armée (!), une rupture sentimentale… et un burnout en 2017.

 

Sans revenu pendant plusieurs mois, je suis finalement pris en charge par l’AI. S’enchaînent alors stages et missions : Prométerre, MIS Trend, État de Vaud (où je décroche un CDD de 6 mois)... Mais à chaque fois, les projets prennent fin pour des raisons structurelles ou arbitraires.

 

En 2022, retour à des missions ponctuelles (MIS Trend, Transports Lausannois), mais rien de stable. Fin 2023, l’AI monte un dossier de rente : ma santé est fragilisée, je suis proche aidant pour ma mère, et malgré mes recherches, je ne trouve plus d’emploi. Ma rente AI à 75 % est acceptée en mai 2024. Depuis, je cherche un poste à 20–30 %, sans succès. Je fais du bénévolat à l’AVIVO de Lausanne pour garder un lien social.

 

Si Swisscom m’avait gardé, j’aurais pu partir à la retraite à 61 ans, après une carrière complète. Aujourd’hui, je coûte à la société, je ne suis plus en pleine santé, et plusieurs services publics doivent m’accompagner. Où est la logique ? Je vous laisse en juger…

 

Merci de m’avoir lu.