Indemnités chômage : la débandade malgré tout en Suisse !

Indemnités de chômage non perçues : précarisation des chômeurs en Suisse


Les chômeurs suisses sont bien mal lotis depuis janvier 2026. Le SECO a déployé « SIPAC 2.0 », sa nouvelle plateforme de paiement des indemnités de chômage, et, depuis, c’est vraiment la soupe à la grimace pour les chercheurs d’emploi. Petite note au sujet de cet article et des autres. Notre association 50etplus s’amuse avec tendresse de notre monde qui part à la dérive. Cela n’enlève rien à la souffrance des gens, mais en rire permet de panser certaines plaies… et d’énoncer ce qui se dit tout bas.  Penser dans l’humour pour panser avec sérieux et efficacité, c’est l’idée ! Mais revenons à notre propos du jour.


Qui subit les conséquences de cette imprévoyance du SECO ?


Les malheureux chômeurs qui, franchement, n’en demandaient pas tant. Pour certains, cela fait 3 mois qu’ils ne sont pas payés, bravo !

Ah, précisons : le SECO est l’abréviation du Secrétariat d’État à l’Économie, qui dépend directement du Conseil fédéral.

Or, tant les caisses de chômage, responsables du paiement des prestations de l’assurance-chômage ainsi que le Contrôle général des finances avertissaient depuis des mois les responsables du SECO

que ce projet devait encore être amélioré avant sa mise en service. *


Ignorant les appels à la mesure de ses instances de surveillance, comme celles de ses subordonnés, les caisses de chômage, le SECO a néanmoins décidé de lancer la manœuvre et la nouvelle plateforme à coups de clairon et dans une stratégie qui s’avère digne de Rantanplan.


« On y va, ça va fonctionner ! »  On notera que tous ces optimistes du SECO ont encore leur travail et leur salaire, ce qui n’est pas le cas des chômeurs démunis. Plusieurs mois sans être payés, en Suisse… !? Heu… On fait comment ?


Le Conseil fédéral regrette, mais ne s’excuse pas


Jusqu’à fin février 2026, les retards de paiement des indemnités étaient très importants.


Selon le SECO en date du 4 mars 2026, 81% des indemnités avaient été versées. Donc 19% pas versées. Allo, la terre ? Qui paie les frais de retard de ces tombereaux de personnes ?


Pas nous, disent en chœur les caisses de chômage, qui pointent le doigt vers le SECO, donc vers le Conseil fédéral.


Mais le bug informatique, c’est SIPAC 2.0, la nouvelle plateforme de traitement, qui est en cause. Et SIPAC 2.0, dont le nom rime étrangement celui du sympathique robot de la guerre des étoiles, R2-D2, ne se sent pas responsable non plus.

Normal, c’est un robot.


Et puis, la loi ne prévoit pas l’impossible. Soit le cas où le système ne parvient pas à verser les prestations dues à un chômeur en raison d’un problème technique.


Le 19 mars dernier, M. Guy Parmelin, le Conseiller fédéral en charge a été  interpellé par les parlementaires sur ce fiasco. Il a pris un air contrit et dit qu’il regrettait, mais rien de plus !


Des fois que de « vilains chômeurs » s’engouffreraient dans la brèche juridique qui serait peut-être ouverte par des excuses, en bonne et due forme. Voire une indemnisation pour les nuits sans sommeil, l’anxiété, les relances et les frais de retard pour toutes les personnes touchées par SIPAC 2.0.


Faudrait pas pousser, tout de même !


Indemnités chômage : M.  Guy Parmelin, dit que les retards sont  « presque » résorbés face aux Parlementaires en colère.


Le « presque », c’est nous, rédacteurs de l’article, qui le rajoutons.

Le 19 mars 2026, les indemnités chômage sont désormais payées à près de 96%, dit M. Guy Parmelin avec un air aussi joyeusement rassurant que Droopy lui-même.

Attends, près de 96% par rapport à 151'000 chômeurs ? Après 4 mois de SIPAC 2.0, cela fait combien de milliers de chômeurs laissés dans la panade ? Combien de situations dramatiques qui se profilent silencieusement ?

Ben, « on » ne sait pas « précisément »  combien de malheureux assurés, n’ont pas perçu leurs indemnités depuis le mois de décembre 2025.


Beaucoup plus préoccupant, le SECO ignore combien de personnes, n’ont pas reçu leur premier versement, ni même combien de chômeurs ont reçu seulement une partie de leurs indemnités.

Sur le site du Secrétariat d’État à l’Économie, nous trouvons des informations apparemment sérieuses, mais sans réponse  : « A la question combien de demandeurs d’emplois sont-ils concernés par d’éventuels versements tardifs au 26 mars 2026 » un tableau abscons https://www.arbeit.swiss/secoalv/fr/home/menue/institutionen-medien/projekte-massnahmen/einfuehrung_asal_3.html est proposé sans articuler de chiffres.


Tant pis, tranchons, ça fait en tout cas beaucoup. Plusieurs milliers de personnes. Qui doivent se débattre avec l’Office des poursuites, les régies plus ou moins compréhensives, les loyers impayés, les charges non assumées...


Mais M. Guy Parmelin nous assure que d’ici juin 2026 tout sera rentré dans l’ordre !


Les tableaux qui s’entrecroisent font de beaux graphiques noyant le poisson par des phrases vides de concret et de sens, et chaque barre du graphique représente de potentiels drames humains qui rongent les chômeurs.


De nombreux drames humains que le SECO omet « pudiquement » de quantifier.


Des caisses de chômage démunies, après des années de « chasse aux sorcières »


La logique de l’assurance chômage est celle de l’assurance, justement. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de fraudeurs, n’est-ce pas ? Et il faut que ça coûte le moins cher possible. « Faut », le mot est juste, mais mal orthographié. C’est une faux qui passe au-dessus des têtes des chômeurs.


Jusqu’à présent, tout était bon pour attraper les méchants dissimulateurs.


Mais dissimulateurs de quoi, dans un pays qui aime tant travailler, avec une culture du labeur fait avec cœur ?


Derrière les sanctions impitoyables des Offices régionaux de placement (ORP) diligentées par le SECO contre les chômeurs qui n’ont pas droit à l’erreur, nos Autorités sont d’une mollesse inconcevable face à leurs propres manquements d’assureur.


Le chômeur a toujours tort


On pénalise le chômeur s’il envoie sa feuille à minuit une, soit « hors délai », parce qu’il ne parvenait pas à télécharger son dossier. Mais on est tolérant lorsque SIPAC 2.0 refuse d’obtempérer et faire ce qu’on lui demande.


« Ah, non, ce n’est pas de notre faute, le système sera rétabli dans les six mois ! »  Et cela, c’est la plus haute Autorité de la Suisse qui l’exprime, sans aucune vergogne. Donc, pendant six mois, des milliers de personnes vont continuer à s’arracher les cheveux en raison du bug SIPAC 2.0


Le dos voûté, les épaules tombantes, le regard las, le système, par le biais de M. Guy Parmelin, rejette la responsabilité sur la faute à pas d’chance.


« Il ne peut pas payer son loyer en raison du bug, hé bien, qu’il retourne vivre chez ses parents, s’il en a, ce n’est pas la faute de notre système. »


C’est ce qui est arrivé à une Valaisanne interrogée à l’émission Forum de la RSR, en date du 6 février 2026. https://www.rts.ch/play/tv/forum/video/forum-video-presente-par-renaud-malik-et-valentin-emery?urn=urn:rts:video:311a795c-3322-3a0f-adc2-f68d8ac5591d


Magnifique !


Mais non, non, aucun remboursement pour payer les frais de rappels n’est prévu dans la loi.


Demmerden-Sie sich, chers chômeurs !


 Ironiquement, les 50+ sont presque mieux lotis que les autres ! On s’explique


Les personnes de plus de 50 ans, peinent à retrouver un travail. Il est vrai qu’actuellement tout le monde a du mal à retrouver un travail. Les autorités nous disent que nous tous, ne sommes pas assez formés.


Ah bon ? Nous les avons côtoyés, ces gens prétendument pas assez « formés », trop « chers » et surtout bien trop « âgés ».

Ce qui est sûr  c’est que ces cinquantenaires expérimentés souhaitent retrouver un poste, le plus rapidement possible !


Bon, mais les employeurs ne sont plus d’accord de les engager, car l’obsolescence programmée, il semble que ce ne soit plus réservé aux « portables », mais s’étend aux humains.


Mais que fait la poli…tique ? Elle préfère se plaindre du manque de recettes fiscales, plutôt que d’engager, dans un vrai poste, des personnes expérimentées, au savoir-faire transférable, vivant à Genève.


Bref, mais revenons à notre propos.


Finis les problèmes avec le paiement du SECO !


Les plus de cinquante ans au chômage ont depuis peu une « chance » particulière dans leur malheur.


Après une année et demie, voire deux ans de postulations tous azimuts (souvent plus de 300 candidatures, en général restées sans réponse), des formations pour se remettre à jour, des cours pour rendre leurs postulations ATS compatibles, être encouragés à créer leur propre business (devenir indépendants), ils ne voient toujours pas de poste en vue.


Ceux qui terminent cette période de chômage sans retrouver un poste, et ils sont nombreux, devront peut-être s’inscrire à l’aide sociale, s’ils n’ont pas de bas de laine.


S’ils ont 60 ans révolus et que leur délai cadre arrive à sa fin, peut-être auront-ils droit aux « Prestations transitoires pour chômeurs âgés », dont nous parlerons prochainement.

https://www.50etplus.org/information-et-documents-utiles/prestations-transitoires-pour-chomeurs-ages


Une véritable aubaine, et vous comprendrez l’ironie de notre propos lorsque vous lirez l’article sur la question. D’ailleurs, abonnez-vous à notre newsletter pour suivre nos actualités !  

https://www.50etplus.org/nos-actions/ensemble-construisons


L’aide sociale paie à temps, même si ses prestations ont diminué !


Il est vrai qu’il faut d’abord montrer patte blanche, à l’aide sociale comme pour les prestations transitoires. Plutôt que de vous encourager à retrouver du travail, le système préfère d’abord s’assurer de votre pleine pauvreté.


Mais ensuite, au moins, elle paie à temps ! Moins que par le passé, mais elle paie.


On ne souhaite évidemment à personne de se retrouver dans cette situation ! Nous, les habitants de Genève, nous aimons tra-vail-ler !


Rejoignez-nous dans notre combat contre l’absurdité et contre « l’Obsolescence programmée des cinquante ans et plus sur le marché de l’emploi ». 

https://www.50etplus.org/nos-actions/petition-contre-lobsolescence-programmee-des-50-sur-le-marche-de-lemploi